Du 26 janvier au 27 février 2026, la bibliothèque du centre Assas accueille une exposition consacrée aux professeurs et étudiants juifs victimes de la législation antisémite à la faculté de droit de Paris (1940-1945)
À travers des documents exceptionnels, coupures de presse, lettres, décisions du Conseil de la faculté, photos des victimes et leurs objets personnels, l'exposition « Exclure, persécuter, réintégrer : Des victimes de la législation antisémite à la faculté de droit de Paris (1940-1945) » met en lumière l'application de la législation de Vichy à la faculté de droit de Paris, dont l’Université Paris-Panthéon-Assas est l’une des héritières.
Cette exposition est née d’un programme de recherche initié par Thomas PERROUD, professeur de droit public à l’Université Paris-Panthéon-Assas, à la suite d'un constat : aucun hommage formel avait été rendu aux universitaires juifs exclus de la faculté durant la Seconde Guerre mondiale. Pierre BONIN, professeur d'histoire du droit et des institutions à l'Université Paris 1 - Panthéon-Sorbonne, a rejoint le projet, ainsi que Jean-Louis HALPÉRIN, professeur d’histoire du droit à l’École normale supérieure – PSL, commissaire de l'exposition, Alexandra GOTTELY, conservateur en chef à la bibliothèque Cujas, commissaire de l’exposition en ligne et Stéphane DUFOURNET, conservateur en chef à la bibliothèque Cujas, commissaire de l’exposition en salle. Ce travail de mémoire a été élaboré en partenariat avec le Mémorial de la Shoah et les Archives nationales de France.
Ces travaux, s'appuyant sur les archives conservées par la bibliothèque Cujas, l’Université Panthéon-Sorbonne, les Archives nationales et le Mémorial de la Shoah, sont replacés dans un contexte historique approfondi. Ils analysent les exclusions et persécutions de professeurs et d'étudiants au sein même de ce qui était la première faculté de droit du monde.
Le 3 octobre 1940, la législation antisémite du régime de Vichy s’applique à la faculté de droit. Professeurs et étudiants voient leurs parcours interrompus : ils sont exclus, parfois arrêtés, déportés ou assassinés. Parmi ces victimes figurent cinq professeurs : William OUALID, Albert AFTALION, René CASSIN, Henri LÉVY-BRUHL et Roger PICARD. À leurs côtés, des étudiants, Jacques-André BRACK, licencié en droit, Volico LEIZEROWSKI, inscrit à la faculté de droit, et Louise MAYER, diplômée d’une licence de droit. Certains ne reviendront jamais. Bernard VALLUIS, le petit-fils de l’un des professeur exclus, William OUALID, était présent lors de l’inauguration de l'exposition. Il a contribué à l'enrichir en fournissant des pièces qui appartenaient à son aïeul. Il estime que cet hommage est « tardif mais a le mérite d’exister aujourd’hui ».
Après l’inauguration d’une plaque commémorative en avril dernier dans le hall Saint-Jacques du centre Panthéon, cet événement met fin à une longue période de silence et témoigne de l’engagement mémoriel de l’Université Paris-Panthéon-Assas. Il permet, selon le Président de l'université Stéphane BRACONNIER, de « réintégrer la mémoire des victimes dans l’imaginaire collectif », plus de 80 ans après la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Cette exposition a pu voir le jour à la bibliothèque d'Assas grâce au soutien de la Fondation Panthéon-Assas, de la Bibliothèque Cujas et à l'engagement de la Vice-présidente en charge de la recherche, Madame Cécile BARGUES et des équipes de la bibliothèque d'Assas.
L'exposition en salle est située au cœur de la BU du centre Assas, accessible aux horaires d'ouverture, et réservée à l'ensemble de la communauté universitaire d'Assas.
Une exposition en ligne vient compléter celle en salle en rassemblant plus de 400 documents permettant de retracer treize destins marqués par la déportation. Elle rend perceptible la brutalité de cette période sombre. Voir le bouton juste en dessous.
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