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Service : IFP
Catégorie : A
Prise de poste : 30 mars 2026
87 rue Notre-Dame-Des-Champs - 75006 - Paris
Nous recherchons un(e) chercheur(se) comme post-doctorant(e) ou ingénieur(e) de recherche en sociologie et/ou en sciences de l’information et de la communication pour un projet de recherche portant sur l’étude des pratiques informationnelles.
Présentation du laboratoire d’accueil
Le laboratoire Carism est le centre de recherche de l'Institut Français de Presse (IFP). Il bénéficie, au sein des Sciences de l’information et de la communication, d’une identité forte lié à une double originalité :
Offre de post-doctorat ou d’ingénieur de recherche – 1 an
Projet InfoAlt - La consommation d’information en régime numérique : entre médias traditionnels et médias alternatifs – volet qualitatif
Durée : 1 an
Dates : 30 mars 2026 – 30 mars 2027
Rémunération : 2271€ brut
Le projet vise à analyser comment les individus accèdent, sélectionnent et interprètent les informations dans un contexte de plateformisation (Rebillard & Smyrnaios, 2019). Le projet sera notamment l’occasion de s’intéresser plus spécifiquement à la place des médias dits « alternatifs » ou « indépendants » (Christin, 2018) dans les pratiques ordinaires, et leur articulation aux médias « traditionnels » ou « historiques », à partir de l’analyse d’un questionnaire par méthode des quotas et d’une enquête par entretiens sur les usages informationnels.
Avec l’abaissement des barrières à l'entrée et plus grande facilité à produire et à diffuser des contenus, notamment textuels ou audiovisuels, nous avons vu l’apparition de nouveaux acteurs produisant de l’information et des commentaires de l’actualité (Assilaméhou-Kunz & Rebillard, 2022; Douyère & Ricaud, 2019). Si de nombreuses recherches ont porté sur ces pratiques professionnelles (leur modèle économique, les logiques de professionnalisation à l’œuvre, le rapport aux metrics produites par les plateformes) la consommation informationnelle fait l’objet de moins d’attention, à l’exception des plus jeunes dont les usages sont plus fortement scrutés (Boyadjian, 2022).
Plusieurs enquêtes dressent un panorama assez large des consommations informationnelles. Nous disposons déjà une vision assez nette de la structuration sociale des pratiques de consommation des médias d’information (Louguet, 2023) et on sait déjà bien que les classes supérieures s’informent davantage, en ayant recours à une plus grande diversité des sources (Comby et al., 2011; Jouët et al., 2013). Les médias traditionnels (télévision, radio, presse) restent incontestablement centraux dans toutes les études de pratiques, malgré un faible recul face aux nouveaux entrants, en particulier ceux issus des espaces numériques. Et plusieurs enquêtes soulignent la dimension complémentaire du recours aux médias traditionnels et numériques (Granjon & Le Foulgoc, 2011).
Cependant, ces acteurs de l’information sont souvent rangés dans des catégories très larges comme les « réseaux sociaux » ou les « sites web d’information », ou renvoyés aux plateformes elles-mêmes (consommation de « Facebook », « Youtube », « Twitter », etc.), sans que l’on sache ce que ces catégories recouvrent exactement pour les répondants à ces enquêtes en termes de type de contenus consommés. De plus, on a peu de détails sur les modalités exactes de consommation, a fortiori lorsqu’il s’agit des nouvelles consommations médiatiques : comment ces contenus sont découverts, sélectionnés, partagés ? À quels créateurs accorde-t-on sa confiance, et à partir de quels éléments ? En quoi ces créateurs de contenus politiques sur les plateformes offrent réellement une alternative aux médias traditionnels pour leurs audiences ? Le projet vise ainsi à saisir ces pratiques « en fonction de la configuration des situations quotidiennes » (Figeac, 2007). Comment rendre compte de l’articulation complexe des modes d’accès à l’information ?
Le projet sera mené au sein de la Chaire MediaM, en co-construction avec le détenteur de la Chaire (Quentin Gilliotte), et en miroir d’un projet de recherche sur les créateurs de contenus politiques sur les plateformes audiovisuelles. La personne recrutée travaillera également avec Marion Michel, actuellement recrutée en postdoc sur le projet pour travailler tout particulièrement sur l’enquête par questionnaire.
Nous avons déjà administré une enquête par questionnaire auprès de 5000 répondants représentatifs de la population française (n=5000). Sur ces 5000 répondants, plus de 2400 ont accepté d’être contactés pour réaliser des entretiens qualitatifs. La personne recrutée sera chargée de l’enquête par entretiens (n=50) du projet en diversifiant le profil des répondants.
Même si le profil est orienté vers le volet qualitatif du projet, des compétences en méthodes quantitatives sont attendues pour favoriser la coopération avec les autres volets de l’enquête.
Diplôme : Doctorat en sociologie ou en sciences de l’information et de la communication, avec une spécialisation en études des médias et/ou du numérique.
Compétences requises :
Conditions de recrutement :
Équipement : la personne recrutée pourra avoir accès aux équipements du laboratoire (ordinateur, dictaphone, etc.).
Intégration au laboratoire : la personne recrutée sera pleinement intégrée au laboratoire et pourra participer aux séminaires, ateliers de méthode et événements du Carism.
Valorisation de la recherche : le traitement des matériaux collectés devra faire l’objet d’une proposition d’article à une revue du champ, si possible anglophone (New Media & Society, Journal of Consumer Culture, etc.).
Contact pour des informations supplémentaires : Quentin Gilliotte, CPJ MediaM
Bibliographie
Assilaméhou-Kunz, Y., & Rebillard, F. (2022). La Machine YouTube. In Http://journals.openedition.org.ezproxy.u-paris.fr/lectures. C&F Editions. https://journals.openedition.org/lectures/60141
Boyadjian, J. (2022). Jeunesses connectées : Les digital natives au prisme des inégalités socio-culturelles. PU SEPTENTRION.
Christin, A. (2018). Les sites d’information en ligne entre indépendance et course au clic : Une comparaison franco-américaine. Sociétés contemporaines, 111(3), Article 3. https://doi.org/10.3917/soco.111.0071
Comby, J.-B., Devillard, V., Dolez, C., & Rieffel, R. (2011). Les appropriations différenciées de l’information en ligne au sein des catégories sociales supérieures. Differentiated take-up of online information in the top social classes. Réseaux, 170(6), 75‑102. https://doi.org/10.3917/res.170.0075
Douyère, D., & Ricaud, P. (2019). Présentation du dossier. Youtube, un espace d’expression politique ? Politiques de communication, 13(2), Article 2. https://doi.org/10.3917/pdc.013.0015
Jouët, J., Rieffel, R., & Collectif. (2013). S’informer à l’ère numérique. Presses universitaires de Rennes.
Louguet, A. (2023). S’informer à l’ère du numérique. Culture études, 4(4), 1‑24. https://doi.org/10.3917/cule.234.0001
Rebillard, F., & Smyrnaios, N. (2019). Quelle « plateformisation » de l’information ? Collusion socioéconomique et dilution éditoriale entre les entreprises médiatiques et les infomédiaires de l’Internet. tic&société, Vol. 13, N° 1-2, Article Vol. 13, N° 1-2. https://doi.org/10.4000/ticetsociete.4080
Les candidats doivent soumettre :
Merci d’envoyer votre candidature complète à Quentin Gilliotte en mentionnant en objet « candidature post-doctorat – InfoAlt – Volet qualitatif ».
Les candidat(e)s sélectionné(e)s sur dossier seront convoqué(e)s à des auditions, en présentiel pour ceux qui le peuvent ou à distance.
Depuis le 1er janvier 2022, l’université Paris 2 Panthéon-Assas est devenue l’université Paris-Panthéon-Assas et s’impose comme un nouvel acteur du monde universitaire avec une ambition affichée : accompagner et soutenir les transformations du monde contemporain en tant qu’établissement d’enseignement supérieur et de recherche de premier plan.
Pionnière dans sa démarche, l’université Paris-Panthéon-Assas est la première en France à reposer sur un partenariat public-privé. Elle regroupe autour d’elle 4 grandes écoles privées reconnues d’intérêt général (EESPIG) à la pointe dans leur domaine. L’université Paris-Panthéon-Assas cultive une synergie entre la recherche, l’enseignement et la professionnalisation. Elle offre un large choix de cursus en droit, science politique, économie, gestion, information-communication, journalisme, management, mais aussi dans le numérique, l’entrepreneuriat et la stratégie d’entreprise. Au total, c’est plus de 23 000 étudiants, 4 000 étudiants internationaux, 26 centres de recherche, 3 000 enseignants, 340 formations, 3 campus à l’international et 600 échanges internationaux.